Cabaret d’hiver – 14 janvier 2017 – à Terre Blanque

Mes chers petits amis,

Un vent glacial, lourd des embruns matinaux qui recouvraient la vallée d’un épais voile d’albâtre, érodait violemment les roches séculaires de l’éperon minéral qui servait d’écrin au château du Baron. C’était une bâtisse chargée du poids de plusieurs siècles d’histoire, large et solide à sa base, et dont les murs hautains se prolongeaient en ogives gothiques. Les tours à demi crénelées surplombaient l’ensemble du Val, en large déport par-dessus l’à-pic rocheux que les autochtones appelaient Hermannswand, en souvenir d’une bataille du temps jadis.

Une nuée de noirs corbeaux prit son envol dans l’air matinal, recouvrant la masse sombre du château d’un noir linceul. Par le vitrail d’une échauguette isolée, le Baron sortit le bout du nez, estimant ainsi la température extérieure. Puis refermant le carreau d’un geste maussade, il se resaucissonna dans sa couette en grommelant entre ses dents “mmpfff. Me f’rais bien une toile, ce soir.”

En contrebas de ce bastion médiéval, dans la cour principale du Cabaret, un fiacre patientait. Gibus Barnier, mon fidèle factotum, chargeait les dernières malles à l’arrière de la voiture, ahanant comme une parturiente aux portes de la délivrance. “Tout est prêt, me dit-il une fois l’ultime bagage arrimé. Je serais de retour avec le ravito d’ici un mois. En attendant, prenez bien soin du Cabaret.” Ses rouflaquettes fouettées par les vents lui donnaient des allures de Fat Freddy. Je ne résistai pas à la tentation de lâcher un “et te fait pas avoir, cette fois” particulièrement sarcastique.

Gibus prit la boutade avec un sourire discret, avant de monter dans le phaéton. Claquant derrière lui la portière, il cogna deux fois ses phalanges engourdie contre le toit de l’habitacle, afin de donner au cocher le signal du départ. “Ah, monsieur Lucien, vous qui goûtez tant les joies de l’opéra, je vous en ai trouvé un magnifigne spécimen. Cette clé huèsbée contient quelques centaines de mégaoctets de données audio et vidéo, qui constituent l’oeuvre étonnante d’un certain Terrance Zdunich et de son équipe. Vous apprécierez sûrement.”

Et, c’est un fait certain, j’ai apprécié. Grandement. D’ailleurs, il me prend l’envie de vous faire partager ce petit plaisir. J’ai donc l’immense honneur de vous inviter le samedi 14 janvier 2017 au soir pour un exceptionnel cabaret-ciné.
Après une première partie agrémentée de courts métrages de Buster Keaton, mon étoile du cinéma à moi, vous aurez la joie de découvrir, ou pourquoi pas de redécouvrir, “Repo: the genetic opera”.

Dans l’attente fébrile de nous trouver à nouveau réunis,

Lucien Trotzdem,
Maître de cérémonie

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Cabaret-ciné-canapés – Sam. 14 jan 2017 – TerreBlanque – Soirée gratuite.

Courts métrages Buster Keaton
Repo: the genetic opera, de Terrance Zdunich

Dress code: Cabaret gothique.
Pas de bar: Ramenez les munitions
Pas de repas: Ramenez vos canapés!

Ouverture 19h