Chroniques

Les dieux s’ennuient

Quelque part entre le temps et l’espace. Éris était affalée dans un profond sofa tendu de satin pourpre, aux boucles gracieuse et à l’armature fine, et dont les formes douces invitaient à un abandon lascif. Elle portait une toge carmine et suffisamment ample pour qu’elle y puisse évoluer à son aise, et suffisamment légère pour … Continuer la lecture de Les dieux s’ennuient 

Une rue, des airs

Elles étaient deux, arpentant les ruelles désertée de la grande ville. En parfaite synchronisation, leurs talons espiègles martelaient gaiement les pavés gris que plusieurs siècles d’usage avaient érodés au point qu’en certains endroits, on ne pouvait plus distinguer la pierre taillée des jointages de ciment; de loin en loin, un vide paraissait dans le dallage, … Continuer la lecture de Une rue, des airs 

Cabaret Grisaille

L’éclairage d’ambiance avait quelque chose de lourd et maladif, en ce soir particulier. Les reflets jaunâtres des lampes à gaz projettaient des ombres floues, au contours mal définis, sur les murs lépreux du vieux cabaret, et les silhouettes mal découpées des quelques clients qui déambulaient dans la grande salle s’entrelaçaient mollement en une parodie de … Continuer la lecture de Cabaret Grisaille 

Les Filles de la Nuit

C’etait par un petit matin épais et brumeux que le convoi des Errances avait enfin franchi l’enceinte de la clairière. Par quel miracle les fiacres si imposants, débordant de matériel et de décors en un perpétuel défi aux lois de la gravitation – entre autres lois ; par quel miracle ce train routier de l’improbable avait … Continuer la lecture de Les Filles de la Nuit 

Le train fantôme

– 1 – L’architecture torturée du cabaret des Errances dissimulait maints recoins et alcôves plus ou moins dérobés à la vue du client occasionnel, peu au fait de la vie occulte du Val. L’une de ces petites loges secrètes était nichée dans un renfoncement de couloir, en un lieu communément désigné comme la Bibliothèque. De … Continuer la lecture de Le train fantôme