Des nouvelles du Grand Festin

Mes chers petits amis,

Nous voici à peine arrivés au seuil de la belle saison, et déjà l’astre ardent darde sur nous ses rais de feu, qui gonflent nos petits coeurs palpitants d’un enthousiasme tout estival. Avant que de reprendre notre parcours erratique pour cette nouvelle saison, il serait peut-être temps pour moi d’esquisser un tableau rétrospectif de l’hivernage dont nous émergeons peu à peu.

Et bien, le Baron Noir, imbibé de quelque douce liqueur, s’est accoudé au comptoir d’un un bar; il est rond, il est noir, mais pourtant baronne toujours dans le soir. Gibus Barnier est parti propager la bonne parole cabaretière par delà les frontières du Val. Lui non plus n’a pas renié les bar, et pour l’heure, à l’abri, gît dans dans un bus, en route pour les tavernes cévenoles. Quant à votre serviteur, récemment échoué dans ces milieux troubles ou s’échangent les chairs derrière des paravents bleutés, il a fait quelques folies de son corps au cours d’une partie de billard particulièrement tranchante, et s’en remet de son mieux.

Entre deux représentations du cabaret d’hiver, les gros de mes effort fut dirigé vers l’écriture de cet opéra punk dont nous annoncions témérairement les prémisses au courant de l’automne. Première conclusion: ça va être long. On s’en doutait un peu, et la loi de Hofstadter confirme le fait.

J’ouvre ici une parenthèse digressive pour parler un peu de M. Douglas Hofstadter. Un grand nombre d’informations sur son compte est disponible sur les réseaux informatiques, et je ne saurai trop vous recommander d’effectuer vos propres recherches, attendu que parfois je suis un authentique mythomane partisan, indigne de la moindre confiance intellectuelle. Il est l’auteur – entre autres – du livre « Gödel, Escher et Bach, les brins d’une guirlande éternelle » que je lis et relis depuis maintenant une bonne douzaine d’années. Cet ouvrage, à la fois vulgarisé et érudit, traite de divers aspects de l’auto-référence, et tout en étant rigoureux, parfois même ardu, prend une forme qui le situe très nettement dans le domaine de l’art. En outre, il aura eu une influence décisive tant sur la partie musicale de ce projet, que sur la partie calcinée de mon néocortex. La Loi de Hofstadter stipule, en substance, que tout prendra plus de temps que prévu, et ce même en tenant compte de la loi de Hofstadter. Dont acte, et fermez la parenthèse digressive.

Revenons donc à nos keupons, et à l’opéra qui les occupe. Le livret, tout d’abord. Un premier jet au complet circule actuellement entre les paluches cambouissées de la fine fleur intellectuelle locale, et la première étape de réécriture est en route. vous trouverez en bas de page une courte scène, afin de vous donner un aperçu du style.

Ensuite vient composition musicale. Un certain nombre de choses sont déjà bien en place en ce qui concerne les différents styles abordés, la structure de l’ensemble et les thèmes principaux. L’acte I, qui confronte une section rock à un ensemble de cordes, s’assemble progressivement, et devrait vous être livré à la fin de l’été. Mais ne craignez rien, contrairement à Tino Rossi, je ne vous laisserez pas mariner là. Voici donc l’ouverture de ce premier acte. La section rock n’entrera que pour la première scène, vous devrez donc patienter encore un peu. Notez bien que la partition est écrite à l’aide du logiciel Musescore, et interprétée par le même programme en tant que fichier midi. cette étape n’est donc qu’une proposition aux instrumentistes qui participeront à la finalisation de la composition et à l’enregistrement des musiques.

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Acte IV

Le squat du Baron et de sa clique. Maison vide, passablement délabrée. La joyeuse équipe décorera le lieu au fur et à mesure de l’acte.

Scène 1

Le Baron et sa clique dans la maison abandonné. Molette est avec eux, à l’écart.

Baron: Mes amis, nous y sommes. Cette demeure est nôtre.
Allons, massons du bois sous l’antique cheminée;
Qu’un brasier flamboyant éclaire nos destinées,
Du chaos créateur nous serons les apôtres.
Qu’en ces murs délaissés, un dantesque ouragan
Nous emmène, comblés, aux portes de l’extase
Où nous accorderons nos âmes, bien en phase
Au son du rock’n’roll et du métal hurlant.
Renversons avec joie dans nos gosiers en fête
Le grand oeuvre du brasseur!

Louvreur: Faisons couler la bière!

Baron: Que dans cette grande salle, de lugubre atmosphère,
Scintillent les étoiles!

Louvreur: Que volent les paillettes!

Gibus: Amis partons ensemble d’un grand rire démoniaque,
A présent nous y sommes, cette demeure est nôtre.
Du chaos créateur nous serons les apôtres,
Célébrons sa grandeur en cette nuit orgiaque.

Baron: Demain sera peut-être, ou n’existera point.
Laissons nous envahir de substances oniriques.
Cette nuit sera courte, alors qu’elle soit magique,
Que des jours gris et ternes elle soit le contrepoint.
Enfin, si malgré tout, une aube timide se lève
Sur nos corps épuisés en de folles débauches
Alors nous sortirons, la démarche encore gauche
A la face du soleil nous hurlerons nos rêves.