Encore des nouvelles du Grand Festin

Ca avance, mes chers petits amis. Après une petite période de composition, les choses se préparent tout doucement en vue d’enregistrer le premier acte sous forme d’album. Bon, faut encore trouver les musiciens, décider qui va chanter quoi, et tout un tas de considérations subalternes. Ergo, c’est pas pour tout de suite…
Mais en attendant, je vous laisse découvrir le premier interlude et la scène 4, où on entre dans le vif du sujet, et l’on découvre les projets du Baron et de ses amis.

Scène 4
Tous se réunissent autour de la table

Louvreur: Allons-y, entamons. Qui s’occupe des minutes?
Doit-on organiser un système de parole?

Baron: Nous voici bien peu nombreux, jouons-la rock’n’roll.
Quand aux prises de notes, c’est moi qui m’exécute.
Rappelons tout d’abord, avant le premier round
Quels sont les prémices de cette réunion.

Gibus : Au sein du cabaret gît notre trait d’union
Mais notre vraie culture prend corps dans l’underground

Louvreur : D’une masure délaissée nous ferons l’annexion
Nous tiendrons un bastion au cœur même du village.

Gibus : Nous y pourrons chanter nos appétits volages
Nous y pourrons aussi fomenter nos actions.

Louvreur: On pourrait reloger les copains, on pourrait…

Gibus On pourrait s’inventer un théâtre, on pourrait…

Baron: On pourrait avoir notre info-kiosque, on pourrait…

Louvreur: On pourrait installer l’atelier, on pourrait…

Gibus: Nous pourrons tout cela, Nous pourrons plus encore.
Mais pour l’heure, compagnons, demeurons circonspects.
Considérons cela sous différents aspects
Et pour chacun d’entre eux venons à un accord

Louvreur: Et d’abord, un topo tout a fait excitant
Sur les lieux qu’hier au soir avions envisagés:
Un bâti bien portant, un terrain dégagé,
Une maison délaissée, plus le moindre habitant.

Baron (notant): … Plus le moindre habitant. Pour mon compte, aujourd’hui,
J’ai creusé la question quant aux droits juridiques.
Prétextant d’obscures recherches historiques
En secret aux archives me suis introduit.
Il semblerait, amis, que le propriétaire
Ne soit nul autre que monsieur Ignace Wendel
Le grand maître des forges, et riche industriel
Ce foutu foutriquet, ce faquin, ce faux frère.

Louvreur Enfants, étiez ami, mais l’âge de raison
A obtenu raison de vos liens sympathiques
Lorsque vous vous ouvrîtes aux choses politiques
Lui tirant, toi poussant, d’une égale passion.

Gibus: Foutrebleu, que voici une heureuse fortune
Qui place sur ton chemin et sous de tels auspices
Un si vieil adversaire, antique Némésis.
Réjouis-toi, Baron, de cette grâce opportune

Baron: Hélas, mon bon ami, je tremble par avance
A la simple idée d’avec lui m’entreférir.
Car cet homme est puissant, il tient tout un empire;
Une toile tissée d’odieuses connivences

Gibus: Cette maison désertée me semble néanmoins
Présenter des appas tels qu’avions espéré.
Ce n’est pas sans raison qu’elle fut repérée,
Une place idéale, m’en porte témoin.

Baron (notant): …Je m’en porte témoin. Pour le bien collectif,
En dépit de mes craintes, humblement je consens.
Un surcroît de liqueur saura fouetter mes sangs,
s’il me faut surmonter mes troubles affectif.

Louvreur: A mon tour me prononce en faveur du projet.
L’un des représentants de ce digne collège
Souhaite-t-il faire valoir, afin que l’on abrège
Son pouvoir de veto et son droit de rejet?
Contemplant cet abysse de silence soudain
Je conclus instamment qu’à l’unanimité
Nous voulons que ces lieux par nous soient habités.
Mais quand donnerons nous cet assaut citadin?

Gibus: En début de soirée toute la populace
Coude à coude, à l’entour d’une grande tablée,
Repus d’un grand festin, hommage à Rabelais
Aux Errances brasse, s’amasse et se délasse.
En telles conditions, pour nous soufflent les vents
Ce moment est parfait pour notre opération.
Et moi, au cabaret, serais en position
Pour couvrir l’ouverture, et prendre les devants

Louvreur: Agissons au plus tôt, si l’on suit ma tutelle.
Attaquons dès matin les huisseries des lieux
Les limbes de l’aube, les brouillards cotonneux,
Constituerons pour nous un protecteur mantel

La ou les filles de la nuit prennent bonne note, et au moins une d’entre elles s’éclipse.

Gibus: Mais moi, j’f’rais pas comme ça.